FIFDH 2026 – Le Festival des Droits Humains à Genève, ou comment le cinéma nous force encore à regarder le monde en face
Graphisme : © Studio BAD
Salut à tous, encore un peu frigorifié après avoir passé la matinée à la conférence de presse du FIFDH 2026 (Festival International du Film et Forum sur les Droits Humains) à Genève. Oui, j’y étais ce matin, café tiède à la main, au milieu des journalistes bien peignés et des activistes qui sentent déjà la révolte. Et je vous le dis direct : cette 24e édition (du 6 au 15 mars 2026) sent le soufre, la résistance et les images qui brûlent la rétine. Chez Raw Presse, on ne fait pas dans le politiquement correct ni dans le résumé tiède – on plonge dans le vif, on secoue les consciences, et on appelle un chat un chat. Alors accrochez-vous, parce que cette année, le FIFDH ne se contente pas de montrer des films : il nous met face à notre propre aveuglement.
Le cadre : Genève, capitale des droits humains… ou du cynisme international ?
On est à Genève, hein. La ville où l’ONU et le Conseil des droits de l’homme se réunissent pour débattre pendant que des drones tuent ailleurs et que des dictateurs signent des contrats. Le FIFDH se cale pile poil en parallèle de la session principale du Conseil (HRC61) – du 6 au 15 mars 2026 – et ça n’est pas un hasard. C’est une claque symbolique : pendant que les diplomates font des discours, le festival balance des films qui montrent la réalité crue derrière les résolutions. Et cette année, le ton est donné dès l’affiche : un manifeste visuel qui interroge notre rapport au réel dans un monde où le fascisme monte, où les bouleversements géopolitiques, climatiques, sociaux et technologiques nous noient sous les fake news et les images manipulées.
Le slogan officieux ? « Interroger notre rapport au réel ». Traduction RAW : arrêtez de vous voiler la face, les images ne mentent pas, c’est nous qui refusons de les voir.
Le programme : 30 films qui cognent, entre documentaire et fiction
La conférence de presse a lâché la bombe ce matin : une trentaine de films en compétition (fiction + documentaire), plus de 200 invités (cinéastes, activistes, survivants), et des thèmes qui tapent fort. Pas de liste exhaustive pour l’instant (le programme complet sort officiellement aujourd’hui), mais les premiers noms et axes annoncés font déjà froid dans le dos :
- Des films qui dénoncent la montée des autoritarismes (Russie, Chine, et même dérives en Occident).
- Des documentaires sur les crises environnementales liées aux droits humains : toxiques, minerais critiques, défenseurs de l’environnement assassinés.
- Des fictions et animations qui explorent comment les images façonnent (ou déforment) notre perception du monde.
- Un focus sur les peuples autochtones, les droits des femmes, les migrations forcées, et les technologies de surveillance.
Exemples qui ont fait réagir dans la salle : un film d’animation sur la justice post-génocide (Ibuka ?), des œuvres qui mêlent réel et fiction pour montrer comment les régimes manipulent la vérité. Et des débats qui suivent chaque projection – le fameux format « Un film, un sujet, un débat » – avec des activistes, des ONG, des diplomates… et parfois des survivants qui montent sur scène pour témoigner.
Le défi d’aujourd’hui
Les Impact Days : quand le cinéma devient outil de changement
Du 8 au 10 mars, les Impact Days reviennent en force : un programme pro pour ONG, cinéastes, philanthropes et médias. L’idée ? Transformer les films en armes concrètes : stratégies d’impact, partenariats, financements. Cette année, Swiss Focus met l’accent sur les collaborations helvétiques. C’est là que le FIFDH se distingue : pas juste un festival, mais une usine à mobilisation. Et franchement, dans un monde où les droits humains reculent partout, c’est vital.
Mon regard RAW : pourquoi ce festival compte plus que jamais en 2026
Écoutez-moi bien : en 2026, avec l’IA qui fabrique des deepfakes à la chaîne, les guerres hybrides, la surveillance de masse et les climatosceptiques au pouvoir, le FIFDH n’est pas un événement culturel sympa – c’est un acte de résistance. Ces films ne sont pas là pour nous divertir : ils sont là pour nous réveiller, nous mettre mal à l’aise, nous forcer à poser des questions que les grands médias évitent.
J’ai vu des regards changer dans la salle ce matin. Des journalistes qui notaient furieusement, des activistes qui se serraient la main comme des combattants. Parce que oui, le cinéma engagé reste l’une des dernières armes non censurées contre les narratifs officiels.
Alors du 6 au 15 mars, nous serons là, caméra et micro au poing et cœur ouvert. Et vous ? Allez voir ces films. Débattez. Posez des questions qui dérangent. Parce que si on laisse les droits humains aux diplomates et aux ONG, on est foutus. Le FIFDH nous rappelle que la vérité n’est pas négociable – elle se filme, se projette, et se défend.
Programme complet dispo dès aujourd’hui sur fifdh.org. Tickets en vente. Et si vous y allez, taggez #RawPress – on se croisera peut-être dans le noir d’une salle.
Peace out, mais avec les yeux grands ouverts.
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